DANS LE PREMIER NUMÉRO DE "PUTEAUX INFOS" DE L’ANNÉE, LA MUNICIPALITÉ PUBLIE UN LONG ARTICLE SUR "LA BONNE SITUATION FINANCIÈRE DE LA VILLE" (Puteaux Infos N°157-page 6).
IL NOUS SEMBLE NÉCESSAIRE DE RÉPONDRE À CE TEXTE ÉLECTORALISTE.
En effet rappelons tout d’abord le code électoral (art L 52-1) qui indique qu’"à compter du premier jour du sixième mois précédant le mois au cours duquel il doit être procédé à des élections générales, aucune campagne de promotion publicitaire des réalisations ou de la gestion d’une collectivité ne peut être organisée sur le territoire des collectivités intéressées par le scrutin". En mars prochain, une élection cantonale a lieu à Puteaux. Le maire est candidat. Il aura pendant la campagne parfaitement le droit de vanter son bilan à la tête de la mairie, mais tous les moyens de propagande employés par lui seront comptabilisés dans son compte de campagne. Les factures de ce numéro de janvier de "Puteaux infos" devront donc y être intégrées !
L’impôt en faveur des villes pauvres
Une fois de plus la majorité municipale se livre à une attaque en règle contre les socialistes. Dans ce "Puteaux infos", on ne les accuse pas cette fois d’avoir contribué à faire 80 millions de morts mais tout de même d’avoir institué avec les lois Rocard et Chevènement un "impôt socialiste" en faveur des villes pauvres. Les socialistes ont en effet estimé, et ils en sont fiers, qu’il était tout à fait normal que les villes les plus riches soient solidaires des villes les plus pauvres.
En effet, pour prendre l’exemple de Puteaux, la richesse provient essentiellement de la taxe professionnelle du quartier de la Défense et aussi de celle des autres quartiers de la ville qui n’est pas à négliger. Si cette taxe professionnelle existe c’est avant toute chose parce que de nombreux salariés travaillent sur le territoire de notre commune. Or, il est bien évident que tous ces salariés n’habitent pas à Puteaux et que nombre d’entre eux, souvent les plus modestes, habitent dans des villes moins chères qui sont généralement celles qui bénéficient de cet impôt de solidarité reversé par Puteaux, ce qui est en définitive un juste retour des choses.
Du reste cette péréquation qui contribue à la justice sociale est loin de plomber les comptes de Puteaux : le texte municipal rapporte d’ailleurs qu’en 2003 cet "impôt socialiste" représente 2.8%, chiffre d’autant plus modeste qu’il n’est pas indiqué à quoi se rapporte ce pourcentage ! Et pourtant l’auteur conclut son texte en clamant sa rigueur : lui au moins ne va pas chercher à "additionner les litres et les kilomètres".
Les comparaisons de taux d’imposition
On s’étonnera donc de voir cette personne si rigoureuse égrener une suite de taux pour comparer les impositions locales alors que cela ne signifie pas grand chose dès lors que ces taux s’appliquent à des valeurs locatives qui diffèrent très largement d’une commune à l’autre. A Puteaux, elles ne sont-elles pas souvent surévaluées ? La valeur locative moyenne y est de 4.350 €. A titre d’exemples, un studio de 28m2, dans un immeuble relativement récent, rue Roque-de-Fillol a une valeur locative de 3.776 €, un autre studio de 29m2, rue Voltaire, a une valeur locative de 4.590 €, un appartement de 98 m2, quai De Dion-Bouton a une valeur locative de 10.679 €. De plus Neuilly et Nanterre (où les taux sont plus faibles) sont curieusement oubliées dans la liste.
On s’étonnera encore de la voir entretenir la confusion entre les chiffres de 2002 et ceux de 2003. Ainsi à propos des "dépenses d’équipement (qui) représentent près de 50 % du budget" : il s’agit de prévisions pour 2003 ... En 2002 les dépenses d’équipement ont effectivement représenté 30 % des dépenses totales...
Les dépenses de fonctionnement et les 35h
On accuse les 35h pour se défausser de ses propres turpitudes. Rappelons simplement que la Chambre Régionale de la Cour des Comptes avait déjà relevé que les dépenses de fonctionnement en francs par habitant, étaient passées à Puteaux de 8.058 F en 1989 à 11.418 F en 1995... en rappelant que ces chiffres étaient quasiment deux fois plus élevés que la moyenne constatée dans les villes de la même importance (4.788 F en 1989 et 6.442 F en 1995). L’exagération existait donc bien avant l’arrivée au pouvoir de Lionel Jospin.
Le CCAS, la politique sociale et culturelle de la ville, la vidéosurveillance
On écrit que "ce qui explique l’importance du budget c’est l’action sociale et le logement social" en ne nous donnant que les chiffres de la subvention 2002 au CCAS (centre communal d’action sociale) dont on peut alors penser qu’elle est plus significative que le budget du logement social. Nous remarquons au passage que la mairie confond les francs et les euros. Ceci explique peut-être pourquoi les dépenses pour les fêtes de fin d’années (Puteaux en neige, marché de Noël, etc) ont atteint des sommets, si on pense que la facture est rédigée en francs çà fait forcément moins cher !
Mais heureusement pour nos anciens et les plus démunis de notre ville, ce n’est sans doute pas 4.574.000 F soit environ 697.000 € qui ont été versés au CCAS en 2002 mais plutôt 4.574 000 € soit 30 millions de francs environ. Cette somme peut impressionner mais elle ne représente que 62 francs (moins de 10 €) environ par mois et par habitant. D’après ce qui est communiqué aux conseillers municipaux, nous savons que 5.016.105 € avaient été prévus en 2002 au budget primitif pour le CCAS et la caisse des écoles et que 4.352.102,14 € avaient été effectivement dépensés ce qui correspond à une annulation de crédits de 664.002,86 € ! On se demande pourquoi cette "économie" sur l’aide sociale n’est pas mise en avant…
De plus la mairie ne nous informe pas sur le type d’actions menées, même de façon générale, en se retranchant derrière l’obligation bien commode de confidentialité liée à la délivrance d’aides sociales. Nous ne savons donc absolument pas comment et surtout selon quels critères cet argent est utilisé mis à part pour offrir des cadeaux de fin d’année aux anciens sans distinction de revenus. Nous savons, par contre, que des remboursements d’impôts locaux à des personnes se plaignant de leur montant élevé (et pas des personnes "dans le besoin"), ont été parfois effectués sur les fonds du C.C.A.S. !
C’est pourquoi il ne nous semble pas pertinent de comparer uniquement les montants des subventions aux CCAS pour comparer les politiques sociales de villes qui n’ont pas les mêmes ressources. Qu’en est-il par exemple des subventions aux PAIO ou missions locales (insertion professionnelle des jeunes de 16 à 25 ans), aux associations d’insertion etc… ? Nous n’avons pas les chiffres exacts des autres villes citées mais il est certain qu’elles n’auraient pas à en rougir puisque aucune d’entre elles n’a sabordé sa PAIO contrairement à Puteaux.
A propos des dépenses pour les bibliothèques qui ont augmenté de 40% entre 2001 et 2003. Les habitués de longue date connaissaient l’ampleur du retard à rattraper en ce domaine sur les autres villes même moins riches. La mairie a donc raison de communiquer sur ce sujet, cela pourra peut-être inciter les putéoliens qui les avaient désertées à revenir vers les bibliothèques et médiathèques pour vérifier par eux-même si cet argent a servi à enrichir leurs contenus plutôt qu’à embaucher des vigiles supplémentaires pour filtrer les entrées.
A propos de sécurité, nous remarquerons au passage que la mairie parle de vidéosurveillance en oubliant d’indiquer le coût exorbitant de cette mesure qui ne sera en plus que de la poudre aux yeux. Certains électeurs qui verront toutes ces caméras dans les rues en seront peut-être reconnaissants envers la majorité mais ils auront bien tort de se croire plus en sécurité. L’expérience de Levallois a déjà montré que ce dispositif n’était absolument pas efficace. En effet qui pense sérieusement que des gens seront capables de rester attentifs plusieurs heures d’affilée pour surveiller en permanence les images de plus d’une centaine de caméras ? Et dans l’hypothèse d’école où ce serait vraiment le cas, ces policiers supplémentaires ne serait-il pas plus efficaces pour un coût nettement moindre en patrouillant sur le terrain ? Nous déplorons depuis longtemps que le maire ne compte que sur la répression pour lutter contre la délinquance en nous accusant de façon caricaturale de laxisme dès que nous rappelons la nécessité de mener aussi, dans le même temps, des mesures de prévention. Nous constatons maintenant qu’il veut aussi organiser cette répression en dépit du bon sens autour de gadgets technologiques aussi chers qu’inefficaces.
La richesse de Puteaux (en guise de conclusion)
On souligne l’absence d’endettement et la richesse de la ville. Mais ce genre de situation exceptionnelle est toujours le résultat d’une cause elle aussi exceptionnelle. Toulouse bénéficie de l’implantation d’Airbus Industrie sur un site unique en Europe, Puteaux peut compter sur La Défense un quartier lui aussi atypique, et Gennevilliers accueille un gigantesque port fluvial unique en région parisienne.
Nous considérons donc, comme nous l’avons déjà expliqué plus haut, qu’il est normal que cette richesse accumulée par certaines villes bénéficie aussi à l’ensemble de la collectivité. C’est pourquoi la décision du gouvernement Jospin de ne pas restituer les 19,4 millions de Francs à Puteaux ne nous choque pas.
Nous nous demandons d’ailleurs avec beaucoup de curiosité si l’exonération de taxe professionnelle décidée tout récemment par le président Chirac dans le cadre de son nouveau "plan pour l’emploi" va faire autant hurler notre maire qu’à l’époque pas si lointaine où Lionel Jospin avait diminué cette taxe en supprimant la part salariale (qui pénalisait les entreprises qui embauchaient le plus). Hurlements seulement motivés par des raisons bassement politiques puisque Lionel Jospin compensait exactement cette baisse par une aide de l’Etat aux communes.
Ce qui est sûr c’est que cet argent "confisqué" ne manque pas trop puisque Puteaux a des comptes excédentaires.
Nous serions d’ailleurs curieux de savoir à combien d’années de taxes d’habitation équivaut cet excédent qui rapporte en intérêts à la ville de quoi financer chaque année l’équivalent de la construction d’un gymnase. De plus vous conviendrez qu’il valait sans doute mieux en définitive que cet argent "confisqué" soit utilisé par l’Etat plutôt que par un maire qui, avec ses dépenses somptuaires, n’a de cesse d’en faire fondre une bonne partie comme neige au soleil…
Comme nous vous l’avons déjà rappelé, ici même il y a quelques semaines (LIRE : Quelques chiffres dans un monde de propagande), notre ville dépense de plus en plus ce qui ne signifie pas dépenser de mieux en mieux. Si vous souhaitez pour votre ville une gestion plus saine, moins opaque qui tienne vraiment compte des attentes de toute la population, nous vous invitons à suivre l’exemple de Paris en changeant de majorité aux prochaines municipales. D’ici à 2007 vous aurez largement le temps de continuer à étudier nos propositions, et nous d’achever de vous convaincre que ce que nous vous proposons est à la fois réaliste et profitable à l’ensemble des putéoliens.